Thèse Organisation du Travail Environnement Résidentiel et Fertilité Étude des Multiexpositions dans une Approche Exposomique H/F - Doctorat.Gouv.Fr
- CDD
- Doctorat.Gouv.Fr
Les missions du poste
Établissement : Université de Picardie - Jules Verne École doctorale : Sciences, Technologie, Santé Laboratoire de recherche : PéRITOX - Laboratoire Périnatalité et risques Toxiques Direction de la thèse : Sylvain CHAMOT ORCID 0000000187698090 Début de la thèse : 2026-10-01 Date limite de candidature : 2026-06-27T23:59:59 Les troubles de la fertilité constituent un enjeu majeur de santé publique dans un contexte marqué par une diminution de la fécondité, un recours croissant à l'assistance médicale à la procréation (AMP/PMA) et une augmentation des préoccupations concernant l'impact des expositions environnementales et professionnelles sur la santé reproductive.
Parmi les facteurs susceptibles d'altérer la fertilité, les horaires de travail atypiques - notamment le travail de nuit, le travail posté et les horaires alternants - occupent une place importante. Ces organisations du travail sont associées à des perturbations chronobiologiques, hormonales et métaboliques pouvant influencer la fonction reproductive féminine et masculine. Toutefois, les données disponibles demeurent hétérogènes et les effets potentiels des co-expositions professionnelles et environnementales restent encore insuffisamment étudiés.
Ce projet de thèse vise à étudier l'impact des horaires atypiques sur la fertilité en intégrant une approche globale des expositions, dans le cadre de l'exposome reproductif. L'objectif principal est d'évaluer les interactions entre organisation du travail, expositions professionnelles et environnement résidentiel dans les parcours de conception.
Le projet reposera sur trois axes complémentaires.
Le premier axe consistera en une revue systématique de la littérature portant sur les liens entre horaires atypiques, expositions professionnelles et environnementales et fertilité. Cette revue permettra d'identifier les principales connaissances disponibles, les lacunes méthodologiques et les facteurs de confusion à prendre en compte dans les analyses épidémiologiques.
Le deuxième axe reposera sur une étude épidémiologique en population salariée, basée sur la diffusion d'auto-questionnaires auprès d'environ 10 000 travailleurs suivis par des services de prévention et de santé au travail. Les données recueillies porteront notamment sur les horaires de travail, les expositions professionnelles (agents chimiques, pesticides, agents biologiques, contraintes physiques et psychosociales), les habitudes de vie, les antécédents médicaux et les paramètres de fertilité tels que les difficultés de conception ou les délais nécessaires à l'obtention d'une grossesse.
Une dimension de santé environnementale sera intégrée à cette étude par l'exploitation de données géolocalisées relatives à l'environnement résidentiel des participants. Les lieux de résidence pourront être croisés avec différentes bases environnementales permettant d'estimer certaines expositions, notamment la pollution atmosphérique, l'utilisation agricole des pesticides, la proximité d'axes routiers ou certaines expositions industrielles environnementales.
Le troisième axe concernera l'étude de patients pris en charge dans un parcours d'AMP/PMA, par appariement entre données médico-administratives issues du SNDS, données de santé au travail et données environnementales géolocalisées. L'objectif sera d'évaluer l'impact des horaires atypiques et des multiexpositions sur les chances d'obtention d'une grossesse.
Ce projet s'inscrit à l'interface entre santé au travail, santé environnementale et santé reproductive. Il mobilise une approche exposomique innovante afin de mieux comprendre les effets combinés des expositions professionnelles et environnementales sur la fertilité humaine. Les résultats attendus pourraient contribuer au développement de stratégies de prévention ciblées et à l'amélioration des connaissances sur les déterminants environnementaux et professionnels de la santé reproductive. Le travail de nuit et les horaires atypiques sont aujourd'hui suspectés d'avoir un impact sur la fertilité et la grossesse via des mécanismes de perturbation des rythmes circadiens, hormonaux et métaboliques. Plusieurs études rapportent des associations avec des troubles de la fertilité, des délais de conception plus longs, des fausses couches spontanées ou certaines complications de grossesse [1-3].
Parallèlement, les expositions environnementales et professionnelles à certains pesticides sont également associées à des effets potentiels sur la santé reproductive [4]. Certaines substances pourraient agir comme perturbateurs endocriniens et altérer les fonctions reproductives, la fertilité ou le déroulement de la grossesse.
Cependant, les effets combinés entre organisation du travail, expositions professionnelles et environnement résidentiel restent encore peu étudiés, justifiant le développement d'approches intégrées dans le cadre de l'exposome reproductif.
Le profil recherché
Médecin ou professionnel de santé avec un intérêt marqué pour la santé au travail, la santé environnementale, l'épidémiologie et la santé reproductive.
Une expérience ou des connaissances en recherche clinique, épidémiologie, analyse statistique ou gestion de bases de données seraient appréciées. Un intérêt pour les approches interdisciplinaires, les problématiques de multiexpositions et les enjeux de prévention en santé publique est attendu.
Des capacités d'organisation, d'autonomie, de travail en équipe et de communication scientifique seront nécessaires pour la conduite du projet.